Saint-Girons Couserans

Les mines de Bentaillou et de Bulard, les mangeuses d’hommes

mine de Bulard Ariège Pyrénées

Bâtiments des mineurs - Mine de la Mail de Bulard - crédit photo www.photosariege.com

Au début du XIXe siècle, le Biros participe à la guerre des Demoiselles.

D’anciennes mines de plomb argentifère à Sentein, antérieures à 1600, témoignent du long passé minier du Biros. À partir de 1850, l’implantation de mines de zinc et de plomb font sa richesse.

« Dieu, quand il est venu ici, il faisait nuit, alors, il a taillé le pays à coup de hache. Mais en repartant, il fut pris de remords et jeta par-dessus son épaule une poignée de Minerai » ainsi s’exprime le berger biroussan !

La mine de Bentaillou

L’extraction minière en Biros a commencé en 1853 dans la mine de Bentaillou, on y extrait de la blende et de la galène. De la blende on obtient du zinc, et de la galène on extrait du plomb et de l’argent.

De Bentaillou le minerai était acheminé au Bocard d’Eylie pour y être traité puis amené à la gare de Saint-Girons. Au début de l’exploitation le minerai était descendu sur des chariots tirés par des chevaux par la piste reliant Bentaillou au Bocard, puis on utilisa un plan incliné qui descendait jusqu’à La Plagne, enfin on installa des câbles.

On imagine la dureté des conditions de vie de ces mineurs paysans travaillant à 1900m d’altitude à Bentaillou. Outre les dangers dus à l’extraction (explosions, poussières, empoisonnements par le plomb…), ils y étaient aussi exposés au froid et aux risques de chutes. Aussi les conflits avec les sociétés minières étaient fréquents.

La mine de la Mail de Bulard

Elle a été ouverte en 1901. Etagés entre 2500 et 2700m les six puits de la mine étaient les plus hauts d’Europe et ils fournissaient un minerai exceptionnellement riche ce qui justifiait leur exploitation malgré les difficultés extrêmes.

On y travaillait douze heures par jour de mai à octobre. Vu sa situation c’était la mine de tous les dangers. Outre les risques propres au métier de la mine s’y rajoutaient ceux dus aux conditions de travail sur ce site vertigineux où il fallait affronter le froid, les tempêtes ou les avalanches. Les accidents y étaient si fréquents qu’on la surnommait la « mangeuse d’hommes« . Malgré cela 3000 mineurs y ont travaillé jusqu’à sa fermeture en 1919.

Deux autres concessions espagnoles sont aussi exploitées par les Français : celle du Fourcail qui ramène le minerai par le Port d’Orle et celle de Montoulieu qui descend le « tout venant » par l’infranchissable Port d’Urets.

Dès la fin de la Première Guerre mondiale, le déclin s’annonce. L’épuisement du minerai, le fort coût d’exploitation dû à l’altitude des gisements, l’exode rural vont avoir raison des ces industries. En 1926, l’effondrement des cours du minerai de zinc signe la fin proche de l’activité minière.

Après l’arrêt des mines en 1955, l’exode s’accélère encore : la population de la vallée chute de 1 100 habitants en 1954 à 300 en 1990.

De ces mines, il reste aujourd’hui encore d’imposants vestiges dans la montagne, bâtiments en ruines, galeries abandonnées, chemins vertigineux taillés dans la roche, rails et vieux wagonnets Decauville, qui évoquent les villes fantômes de la Ruée vers l’or de l’Ouest américain.

Le projet de Claude Dubois 

Archéologue de formation, Claude Dubois fut l’expert désigné par la DRAC de Midi-Pyrénées pour évaluer et étudier le patrimoine des mines de Bulard et de Sentein.

Son projet consiste à permettre la publication d’un livre sur l’épopée de ces mines. Cet ouvrage sera illustré de photos d’archives et de l’exceptionnel patrimoine industriel encore visible. Bien que le manuscrit soit achevé le financement Ulule de 4 500 €, conjointement avec un financement de collectivités territoriales, va permettre de pré-acheter à l’éditeur un lot du livre jusqu’à concurrence des frais d’imprimerie.

Pour en savoir plus et participer au projet : fr.ulule.com/epopee-mines/

Sources :
www.ariege.com/geologie/mines/
www.photosariege.com
www.lacsdespyrenees.com
fr.wikipedia.org
histoiredesmines.canalblog.com

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