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Guyane : Exotisme garanti

Si je n’avais pas eu l’opportunité de rendre visite à un frère qui travaille à Cayenne, je ne serais sûrement jamais allé en Guyane. Avant de partir, l’on m’avait dressé un tableau gris de ce pays, une chaleur épouvantable, des moustiques insupportables, d’énormes araignées, des serpents… Bref, un tourisme réservé aux Indiana Jones.

Dès l’arrivée à Rochambeau, cela fleure bon la décontraction exotique. A Cayenne, capitale – préfecture, l’urbanisme colonial s’articule autour de la place des Palmistes,. Il ne faut surtout pas manquer l’authentique marché aux poissons où l’on peut découvrir de très curieuses espèces endémiques, dont certaines fort savoureuses telle l’Acoupa. Le passe temps favori des « cayennais », autochtones ou « métros », est la balade en pirogue sur les nombreuses rivières avec séjour en « carbet » : petit chalet de bois, en bord de fleuve et en plein milieu de la jungle, pardon, de « la verte », comme ils disent ici !. Un barbecue avec du rhum local et la nuit dans un hamac sous une moustiquaire, ponctuent généralement une journée de pêche ou de chasse au caïman, En remontant « la Conte » un des ces long bras  marrons du bassin amazonien, on trouve Cacao, village où les Mongs originaires du Laos se sont établis après les épisodes malheureux des « Boat People ». Ils ont transformé un morceau de jungle en véritable jardin.

Le Maroni

A Saint Laurent, le fleuve vous attire tout de suite. Malgré l’empreinte de son histoire tragique de ville pénitentiaire symbolisée par la statue d’un bagnard enchaîné, plus massif et pensif qu’un « Rodin » tournant le dos à la vie de la rivière, il flotte dans cette ville une atmosphère de nonchalance riante et colorée qui tranche avec l’horizon où se mêlent toutes les gammes de gris, de vert et de marron. L’ancien bagne plonge dans l’histoire coloniale française grâce à un petit musée bien documenté. On peut aussi visiter la cellule 47 du célèbre bagnard  « Papillon ».
Saint Laurent compte quelques bons hôtels dont celui des Trois Lacs, avec sa piscine très appréciable sous ces latitudes, et remarquable pour sa cuisine locale.

La remontée en pirogue du Maroni jusqu’à Acapou prend la journée. A côté de l’office de tourisme, deux agences réceptives vous offrent leurs services et le coût de l’excursion revient à 40 € par personne. Ces pirogues très bien motorisées peuvent prendre une quinzaine de personnes et permettent une découverte en toute sécurité d’une partie de fleuve et des mangroves. Les tribus « marons » ou amazoniennes vivent le long de cette frontière liquide qui sépare la Guyane française du Surinam et s’accommodent des facilités de navigation, d’autant plus que la dextérité des piroguiers pour franchir les « Sauts » est impressionnante. Sur le parcours, on croise également quelques placers ou barges de chercheurs d’or. L’arrêt dans un village « maron » constitue une visite ethnographique intéressante grâce à la complicité des guides piroguiers qui évitent de transformer la visite en séance de voyeurisme et nous aident à comprendre pourquoi ces peuples issus des esclaves évadés restent en marge de la modernité.

A  Acapou  dès  l’arrivée on aperçoit, telle une sentinelle en bord de fleuve, la gendarmerie typique en bois avec un toit de chaume. Le village s’étend dans la franche verte d’une jungle récemment colonisée ou l’Etat et la région ont investi, beaucoup investi, pour réaliser une cite scolaire moderne . Dominant une petite anse du fleuve depuis la terrasse du seul restaurant (où il faut absolument déguster « le Jamais Goûté », poisson typique du fleuve relevé d’une sauce « diable » ou encore le « ragoût de cochon bois »), vous pouvez assister au spectacle quotidien  du bain/vaisselle/toilette des femmes du village qui est un véritable plaisir des yeux – elles sont belles et s’amusent comme des enfants, avec leurs enfants. Il ne faut pas hésiter à se baigner malgré la couleur de l’eau, elle n’en est que plus douce.

Sur la route du retour vers MANA, attention aux animaux. Il n’est pas rare d’aider un paresseux à traverser pour lui éviter de se faire écraser. Vous pouvez aussi faire une découverte du marais de KAW à la rencontre d’une faune et d‘une flore exceptionnelle. Si vous y allez de nuit avec une lampe frontale, vous croiserez le regard rouge des petits caïmans plus effrayés que vous, surtout si, par jeu, vous les invitez a monter dans la pirogue.

A côté de ce patrimoine naturel, il y a aussi un des fleurons du tourisme de découverte économique que constitue le centre spatial de Kourou. Si d’aventure vous vous y trouvez au moment d’un lancement de fusée, la découverte est complète.

Les Iles du Salut.

Bien que distantes d’à peine une heure de bateau de Kourou, les Iles du Salut méritent une nuit. L’archipel est la propriété du centre spatial guyanais car situé sur la trajectoire du lancé des « Arianes » et lors d’un lancement, les îles sont entièrement évacuées. L’île principale de la Royale, remarquablement entretenue, possède les plus beaux bâtiments de l’ère pénitentiaire, dont un transformé en un hôtel de charme « Le Relais des Iles ».

Le séjour constitue une halte peu ordinaire car, de ce promontoire, vous pouvez imaginer ce que fut la vie des fonctionnaires coloniaux mais aussi celle des reclus tel SEZNEK qui était en charge du sémaphore, ou le fameux faussaire «flag » dont il reste quelques fresques dans l’église .

Les couchers de soleil au son du cris des singes ou de la houle s’écumant sur la grève noire du rivage est un moment de paix dans ces îles du bout du monde qui furent l’ enfer du prisonnier DREYFUS.

Tout le monde a entendu parlé de l’affaire Dreyfus qui ébranla le monde politique à la fin du 19e, eh bien, la visite du musée de la Royale, dans la très belle maison du surveillant général du bagne, raconte avec beaucoup de détails la vie d’enfer de cet homme et de beaucoup d’autres au milieu de ce qui est aujourd’hui un paradis. L’île Saint Joseph et l’île du Diable donnent à cet archipel un goût de Polynésie au large des côtes de Guyane.

Le reporter amateur que je suis n’a pu s’empêcher de satisfaire sa curiosité et de braver l’interdit que constitue la visite de l’ île du Diable où il est interdit de ce rendre.

Avec la complicité d‘un pêcheur, j’ai pu approcher de l‘île et  rentrer ensuite à la nage pour vous rapporter ces quelques clichés de la cabane de DREYFUS.

Bernard Garcia

PS : Les agences Sainte Claire Voyages et Somarig représentent bien le réseau AFAT Voyages, et l’accueil des équipes de Claude KUO TSING JEN est chaleureux et amical.

Crédit Photo : Pyrène voyages

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