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Hindi Zahra, Homeland – 13 nov Foix

Hindi Zahra Homeland Ariège Pyrénées

A trente ans, Hindi Zahra n’est ni une star académique, ni une étoile filante du jazz vocal. Chez elle, la musique, c’est une histoire de famille, le roman de sa vie. Celle d’une Berbère née au Maroc. Un père militaire et une mère au foyer, comédienne à ses heures et chanteuse reconnue au village, et puis des oncles musiciens, branchés par la scène post-psychédélique du Maroc d’alors. Elle grandit ainsi, à l’écoute des divas du raï et du châabi, façon Rimitti, et divas égyptiennes, genre Oum Khalsoum, entre musique traditionnelle berbère et rock’n’roll du bled, mais aussi non loin du blues malien du grand Ali Farka Touré et de la folk sensuelle d’Ismaël Lo. Avant de traverser la Méditerranée pour rejoindre son père à Paris.

Cinq ans après « Handmade », son premier disque Victoire de la Musique, « Homeland » a vu le jour dans le pays natal d’Hindi Zahra, le Maroc.

Elle passe du temps dans des grottes entre Essaouira et Agadir, puis va en haut des montagnes,  avec les paysans berbères qui scrutent l’océan. Hindi Zahra sort de sa retraite, ses chansons l’appellent au large. A Cuba, en Jordanie, en Andalousie, en Egypte, en Italie. Ces voyages et ces expériences rencontrent des passions musicales tenaces (Miriam Makeba, Cesaria Evora, Marvin Gaye ou Nina Simone), et dessinent la route ascensionnelle de Homeland. Elle a terminé l’enregistrement de l’album à Paris, au bout d’une odyssée initiatique qui a duré deux ans et demi. Mais pour l’auditeur, ce n’est que le début du voyage.

Il s’écoute comme on feuillette un journal de bord, comme on remonte le cours d’une vie. Il y a quelque chose d’essentiel, d’élémentaire dans cet album : la chaleur du soleil, le bruit de l’océan, l’espace, des chansons qui se meuvent comme des marées ou des nuages. On reconnaît des styles musicaux, beaucoup de styles musicaux, mais ils ont oublié leur nom, tous fondus et portés par un tempo chaloupé et capiteux.

Il y a de la mélancolie dans les chansons d’Hindi Zahra, mais de l’extase dans sa voix, et des mélismes qui font le tour du monde en spirales. Une soul mondiale progressive, qui libère les corps et les coeurs en douceur, en profondeur.

Ses terres d’origine donnent les climats de ce nouveau disque. «Le Maroc m’a projetée encore vers d’autres cultures.» Elle s’est souvenue des inflexions touaregs des guitares et de la langue berbère. Elle a aussi écrit des textes personnels, tant en anglais qu’en français.

« Je voulais faire un disque avec beaucoup de musicalité, laisser plus de place aux arrangements.» Débuté au Maroc, continué en Espagne et peaufiné à Paris, son album Homeland respire l’ailleurs. «Dans mon premier disque Handmade (2010) je n’avais pas été jusqu’au bout de ces inspirations. Étant d’origine touareg, j’avais aussi besoin de revisiter cette musique, à ma manière. »

Crédit photos : Tala Hadid

Vendredi 13 novembre à 20h45
L’Estive scène nationale de Foix et de l’Ariège
accueil@lestive.com – 05.61.05.05.55 – 20 avenue du général de Gaulle 09000 FOIX

Plus d’info : www.lestive.com/

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