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Sur les traces des maîtres-verriers

Sur les traces des maîtres-verriers Ariège Pyrénées

Le foyer rural et ses 80 places ne sont pas arrivés à contenir le public nombreux venu assister à l’après-midi autour des maîtres-verriers à Lapenne. Il a fallu que le public se déplace dans l’église pour que tout le monde puisse trouver une place assise.

Yves-André Cros a d’abord présenté quelques éléments de la présence des verriers dans les environs de Lapenne ainsi que les blasons.

Serge Alary a ensuite enchaîné en présentant des éléments de verre trouvés dans les fouilles de Vals. Celui-ci est datable du XIVe siècle et semble correspondre  à la présence du baron de Lapenne qui fait surhausser la tour Saint-Michel et construire deux autres tours au début du XIVe siècle. Cette maison forte sera habitée pendant 1 siècle et demi par des vassaux. Le verre que l’on trouve est de fabrication locale. On sait depuis peu qu’il y a eu un atelier du XVe siècle sur la zone du Rada à Tourtrol.

Le conférencier Alain Riols a ensuite pris la parole. Il a présenté l’étude d’une verrerrie forestière de la garrigue nord-montpelliéraine au XIIIe-XIVe siècles, la Seube (Claret 34). Il a montré que les différents éléments nécessaires à la fabrication du verre sont présents sur place : le combustible, les galets de quarts pour le vitrifiant, la salicorne pour le fondant, la possibilité de fabriquer de la chaux pour le stabilisant. Toutefois, la seule présence de ces éléments ne suffit pas expliquer le développement de cette activité. Il faut aussi tenir compte de la proximité de Montpellier (30km) et de sa situation économique très favorable pendant cette période-là (dépendance du roi d’Aragon, exportation de produits de qualité…). Alain Riols a ensuite présenté les résultats d’une fouille archéologique de l’atelier verrier des Salines au cœur des Hautes Corbières (Aude) qui a fonctionné de la fin du XVIIe au début du XVIIIe siècle. C’est le fruit du résultat du travail d’Isabelle Commandré, doctorante qui n’a pas pu être présente. On trouve l’alandier, le cendrier, la halle de recuisson…

A la suite de cette présentation, le public a pu rejoindre une salle municipale et profiter d’un verre de l’amitié offert par la mairie. Il a pu profiter de l’exposition montée par Isabelle Commandré sur les résultats des fouilles archéologiques de verreries du Tarn, de l’Hérault et de l’Aude.

L’après-midi s’est clôturé par un moment conté d’Olivier de Robert qui, sur la magnifique place de l’église a emmené le public d’Ariège au Moyen-Orient pour revenir à Lapenne. Une généalogie tout à fait particulière des maîtres verriers qui a vraiment séduit son auditoire.

Un ensemble de noms de lieux-dits  évoque aujourd’hui cette activité sur la commune :  » Mestre Pey « ,  » Mestre Bertrand « ,  » Mestre Amiel « ,  » Peyre Traoucade « . On sait qu’à la fin du Moyen Âge, comme dans d’autres parties d’Ariège, une famille de  » gentilshommes verriers « , les de Robert, s’installe. La verrerie de Peyre Traoucado a été créée par Nicolas de Robert.  On connait également un Guillaume de Robert, baile à Rieucros, qui est noble et verrier en 1520. Plusieurs fours de verrier sont identifiés dans la forêt de Manses.

Il ne faut donc pas voir seulement un hasard dans la concordance des noms.

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